Sorel-Tracy tisse des liens stratégiques avec l’industrie navale américaine
Sorel-Tracy, 9 mai 2025 – De retour d’une mission économique aux États-Unis avec la délégation de Naval Québec, le maire de Sorel-Tracy, Patrick Péloquin, dresse un bilan enthousiaste et prometteur pour l’avenir de l’industrie navale dans sa région. Cette initiative, planifiée depuis plus d’un an, visait à établir des ponts avec les chantiers navals américains et à mieux comprendre leur écosystème industriel, tout en mettant de l’avant le potentiel de Sorel-Tracy.
« Le Canada et les États-Unis se sont réveillés devant un sous-investissement majeur dans le domaine de la construction navale, alors que la Chine produit quatre navires pour chaque navire nord-américain. »
Patrick Péloquin, maire de Sorel-Tracy
C’est dans ce contexte que la mission s’est articulée, en multipliant les rencontres avec des acteurs clés du secteur, tant publics que privés, dont General Dynamics, Blount Boats, et le chantier sud-coréen HHI désormais implanté à Philadelphie.
La délégation a également eu l’occasion de visiter les agences de développement économique de plusieurs États (New Hampshire, Rhode Island, New York, Pennsylvanie) et de rencontrer les représentants de l’ambassade canadienne à Washington. « Cette dernière rencontre a été particulièrement précieuse, car on y a appris que les entreprises canadiennes sont reconnues comme locales pour les appels d’offres du gouvernement américain », souligne M. Péloquin, voyant là une opportunité pour les fournisseurs québécois.
En parallèle, le maire a mis en lumière les atouts de sa ville. « À chaque arrêt, on a présenté ce que Sorel-Tracy avait à offrir. Nos infrastructures, notre main-d’œuvre en formation, notre capacité de production et même nos 2700 nouvelles unités d’habitation créent un écosystème propice à accueillir une industrie navale de premier plan. »
Selon lui, l’année 2025 pourrait marquer un tournant majeur : « Je dis que 2025 sera l’année de la construction navale à Sorel-Tracy, non pas parce qu’on y verra tout de suite des navires sortir des chantiers, mais parce que c’est l’année où les annonces majeures vont se faire », avance-t-il.
Le besoin d’augmenter rapidement les capacités de production dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, combiné à la saturation des grands chantiers existants, crée une fenêtre stratégique que Sorel-Tracy souhaite saisir. Le maire rappelle que les chantiers comme Davie à Lévis sont parfois monopolisés pendant des années pour des contrats comme la construction d’un seul brise-glace, laissant peu de marge pour d’autres projets.
« On est dans un goulet d’étranglement. Les besoins explosent et on peut devenir un joueur complémentaire avec notre flexibilité et notre capacité à livrer rapidement », résume Patrick Péloquin.
Il conclut sur une note mobilisatrice : « Honnêtement, ce serait fou de ne pas se lancer là-dedans. »
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